2026, site web, installation, photographie (réactivation de GridFlow 2011)
https://www.reynalddrouhin.net/works/gridflow-reload/
Le principe
GridFlow Reload est une réactivation de GridFlow (2012), un projet consacré à la circulation des images sur le Web.
GridFlow Reload agrège en continu des flux RSS et Atom provenant du Web. Chaque nouvelle publication apporte une image qui vient alimenter un ruban de colonnes. L’image entre en haut à gauche, pousse les précédentes vers le bas, puis, lorsqu’une colonne est pleine, la plus ancienne bascule dans la colonne suivante. Le ruban est une ligne de temps repliée sur elle-même. En haut à gauche apparaît l’instant présent. En bas à droite se trouvent les images qui achèvent leur passage avant de disparaître.
Les colonnes ne sont pas des cases juxtaposées. Le ruban est continu. Lorsqu’une image ne peut être entièrement contenue dans une colonne, elle est interrompue par son bord et se poursuit en haut de la suivante. Le projet ne se lit donc pas comme une mosaïque d’images indépendantes, mais comme un ruban continu dont le parcours est simplement replié par la hauteur de l’écran.
Aucune composition n’est décidée à l’avance. Les rapprochements entre les images naissent uniquement de la simultanéité des publications. Le projet compose en permanence une image collective du présent à partir des flux qui traversent le Web.
Chacun peut également enrichir le projet en indiquant simplement l’adresse d’un site. GridFlow Reload découvre automatiquement son flux lorsqu’il est disponible. Le paysage visuel évolue ainsi au rythme des publications, des contributions des participants et de la diversité des sources. Le résultat ne cherche ni à représenter Internet dans son ensemble, ni à produire une vision objective du monde. Il révèle un état provisoire du présent, un Zeitgeist produit par la circulation continue des images.
Chaque visite révèle une configuration différente. Le projet ne peut jamais être observé deux fois dans un état identique, car les images qui le composent ont déjà poursuivi leur passage.
Une tranche de temps
Le ruban ne commence pas et ne finit pas. À son entrée, les images apparaissent progressivement avant de rejoindre le ruban. À sa sortie, elles s’effacent peu à peu jusqu’à disparaître.
Le projet ne montre ni le début ni la fin du flux. Il en révèle une portion, un fragment en perpétuel déplacement. Les images arrivent depuis un espace invisible et poursuivent leur course au-delà de la grille. Ce qui est donné à voir n’est jamais le flux entier, mais une tranche de temps prélevée dans un mouvement continu.
Les images sont de passage
Dans GridFlow Reload, les images ne sont plus destinées à être conservées. Elles sont destinées à passer.
Les images n’ont pas vocation à demeurer. Elles sont des présences provisoires. Elles ne sont ni collectionnées, ni archivées. Elles traversent le ruban avant de laisser leur place aux suivantes.
Chaque image est réduite à une vignette uniquement destinée à sa circulation. Les fichiers d’origine ne sont jamais conservés. Les vignettes demeurent le temps de leur passage, puis disparaissent progressivement lorsque de nouvelles images arrivent.
La disparition n’est pas un dysfonctionnement. Elle est le principe même du projet. Chaque nouvelle publication provoque l’effacement des précédentes. Le ruban demeure continu parce qu’il accepte l’oubli.
L’accumulation cède ainsi la place au renouvellement. GridFlow Reload ne construit pas une mémoire permanente mais une mémoire de passage, où chaque image n’existe que par le temps limité de sa traversée.
Un projet actualisé par la visite
Le ruban ne progresse qu’à la visite. Rien n’est collecté en continu en arrière-plan. Chaque consultation déclenche l’arrivée de nouvelles publications et prolonge le mouvement du projet.
Les visiteurs ne se contentent pas d’observer GridFlow Reload. Ils participent à son actualisation. Chaque présence remet le ruban en mouvement et produit une configuration qui ne se reproduira jamais à l’identique.
Couleur et mémoire
Ce qui vient d’être publié entre en couleur. Ce que la grille ressort de sa mémoire entre en noir et blanc. Une vague de mémoire peut être appelée à tout moment : elle pousse, traverse la grille, se retire, et la couleur revient.
Quand plus rien ne paraît nulle part, la grille s’épuise : les images perdent jusqu’à leurs demi-teintes.
Observer le projet
Le visiteur peut suspendre momentanément le défilement afin d’observer une configuration particulière. Cette interruption ne transforme pas le principe du projet. Elle permet simplement de prélever un instant dans un mouvement continu.
La densité du ruban peut être modifiée en faisant varier la taille des vignettes. Selon l’échelle choisie, le regard oscille entre une vision globale et une observation plus attentive des rapprochements, des répétitions ou des contrastes qui apparaissent entre les images.
Comme dans la version originale, chaque configuration peut être capturée. Cette capture ne constitue pas une archive mais le prélèvement d’un instant. Elle isole momentanément un état appelé à disparaître dès que le défilement reprend.
Chaque vignette reste reliée à son contexte d’origine. Un clic permet d’ouvrir la page dont elle est issue et de retrouver l’article ou la publication qui l’a produite. Le projet ne détache jamais les images de leur provenance. Il maintient un lien permanent entre leur circulation dans GridFlow Reload et leur environnement de publication.
Touches : P suspendre ou reprendre, ← → densité du ruban, F plein écran, S capture, ? liste complète.
Réactivation
La version originale de GridFlow reposait sur l’accumulation continue des images publiées sur le Web. Avec le temps, cette logique d’accumulation est devenue l’une des limites du projet. Le volume de données ne cessait de croître, alors même que son intention était de rendre visible un flux en perpétuel mouvement.
GridFlow Reload ne consiste pas à reconstruire GridFlow. Il en déplace le principe. Les images ne sont plus destinées à constituer une archive. Elles traversent le ruban avant de disparaître, laissant continuellement la place aux suivantes.
Cette évolution ne relève pas seulement d’une transformation technique. Elle modifie la nature même du projet. Le ruban n’est plus pensé comme une collection en devenir, mais comme un mouvement permanent où l’apparition et l’effacement sont indissociables.
Quinze ans après sa création, GridFlow Reload poursuit la même interrogation. La pièce ne cherche pas à représenter Internet. Elle rend perceptible le mouvement continu des images qui composent notre présent. Ce qui traverse GridFlow Reload n’est pas seulement une succession d’images. C’est un Zeitgeist, continuellement recomposé par les publications, les contributions des participants et le passage du temps.
Touches et gestes
| P | suspendre ou reprendre l’écoulement | |
| ← → | vignettes plus petites ou plus grandes | |
| C | charge : une vague d’images anciennes traverse la grille | |
| F | plein écran | |
| S | capturer l’état de la grille, en PNG | |
| 0 | revenir aux réglages d’origine | |
| ? | cette liste | |
| esc | fermer | |
Les réglages ne sont pas conservés : un rechargement remet tout à zéro.
2026, website, installation, photography (reactivation of GridFlow 2011)
https://www.reynalddrouhin.net/works/gridflow-reload/
The Principle
GridFlow Reload is a reactivation of GridFlow (2012), a project dedicated to the circulation of images across the Web.
GridFlow Reload continuously aggregates RSS and Atom feeds from across the Web. Each new publication contributes an image that enters a ribbon of columns. Every image appears in the upper-left corner, pushes the previous ones downward and, once a column is full, the oldest image continues at the top of the next column. The ribbon is a timeline folded onto itself. The present appears in the upper left. In the lower right are the images completing their passage before disappearing.
The columns are not independent cells. The ribbon is continuous. When an image cannot fit entirely within a column, it is interrupted at the bottom edge and continues at the top of the next one. The project is therefore not read as a mosaic of separate images, but as a single continuous ribbon folded by the height of the screen.
Nothing is composed in advance. Relationships between images emerge solely from the simultaneity of publications. The project continuously composes a collective image of the present from the flows that move across the Web.
Anyone can also enrich the project by simply entering the address of a website. GridFlow Reload automatically discovers its feed whenever one is available. The visual landscape evolves through new publications, participants’ contributions and the diversity of its sources. Rather than representing the Internet as a whole or claiming an objective view of the world, the project reveals a temporary state of the present, a Zeitgeist shaped by the continuous circulation of images.
Every visit reveals a different configuration. The project can never be experienced twice in exactly the same state, because the images that compose it have already continued their passage.
A Slice of Time
The ribbon has neither beginning nor end. At its entrance, images gradually emerge before joining the ribbon. At its exit, they slowly fade away until they disappear.
The project reveals neither the beginning nor the end of the flow. It exposes only a fragment in constant motion. Images arrive from an unseen elsewhere and continue beyond the visible grid. What is presented is never the entire flow, but a slice of time extracted from an ongoing movement.
Images Are Passing Through
In GridFlow Reload, images are no longer meant to be preserved. They are meant to pass.
Images are temporary presences. They are neither collected nor archived. They pass through the ribbon before giving way to those that follow.
Each image is reduced to a thumbnail intended solely for its circulation within the project. Original files are never retained. Thumbnails remain only for the duration of their passage before gradually disappearing as new images arrive.
Disappearance is not a malfunction. It is the very principle of the project. Every new publication causes earlier images to fade away. The ribbon remains continuous because it embraces forgetting.
Accumulation gives way to renewal. GridFlow Reload does not construct a permanent memory but a memory of passage, where every image exists only for the limited duration of its traversal.
A Project Updated by Its Visitors
The ribbon advances only when someone visits. Nothing is collected continuously in the background. Every visit triggers the retrieval of new publications and extends the movement of the project.
Visitors do more than observe GridFlow Reload. They participate in its continual actualization. Every presence sets the ribbon in motion again and produces a configuration that will never occur in exactly the same way.
Observing the Project
Visitors may temporarily pause the scrolling to examine a particular configuration. This interruption does not alter the principle of the project. It simply isolates a single moment within an ongoing movement.
The density of the ribbon can also be modified by changing the size of the thumbnails. Depending on the chosen scale, the viewer shifts between an overall perception of the flow and a closer observation of the relationships, repetitions and contrasts emerging between images.
As in the original version, any configuration can be captured. Such a capture is not an archive but the extraction of a single moment. It isolates a configuration destined to disappear as soon as the scrolling resumes.
Every thumbnail remains connected to its original context. A click opens the source page containing the image and the publication from which it originates. The project never detaches images from their source. It maintains a permanent connection between their circulation within GridFlow Reload and their original environment of publication.
Keys: P pause or resume, ← → ribbon density, F full screen, S capture, ? full list.
Colour and memory
What has just been published enters in colour. What the grid brings back from memory enters in black and white. A wave of memory can be called up at any moment: it surges, crosses the grid, withdraws, and colour returns.
When nothing appears anywhere any more, the grid runs dry: the images lose even their half-tones.
Reactivation
The original version of GridFlow was based on the continuous accumulation of images published on the Web. Over time, this logic of accumulation became one of the project’s main limitations. The amount of stored data kept increasing, even though the project’s intention was to make a constantly moving flow visible.
GridFlow Reload is not a reconstruction of GridFlow. It shifts its underlying principle. Images are no longer intended to form an archive. They pass through the ribbon before disappearing, continually making room for those that follow.
This evolution is more than a technical transformation. It changes the nature of the project itself. The ribbon is no longer conceived as a collection in progress, but as a continuous movement where appearance and disappearance are inseparable.
Fifteen years after its creation, GridFlow Reload continues to explore the same question. The piece does not seek to represent the Internet. Instead, it makes perceptible the continuous movement of the images that shape our present. What passes through GridFlow Reload is not merely a succession of images. It is a Zeitgeist, continuously recomposed through publications, participants’ contributions and the passage of time.
Keys and gestures
| P | pause or resume the flow | |
| ← → | smaller or larger thumbnails | |
| C | load: a wave of older images crosses the grid | |
| F | full screen | |
| S | capture the state of the grid, as PNG | |
| 0 | back to default settings | |
| ? | this list | |
| esc | close | |
Settings are not saved: reloading resets everything.
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