Des Frags Process, 2026, réactivation de Des Frags, 2000
Application web générative
https://reynalddrouhin.net/works/desfrags-process
Des Frags Process est une réactivation de Des Frags, projet mis en ligne en 2000.
Des Frags Process prend une image-source et la soumet à un protocole de recomposition. Cette image définit le format, la grille et la référence chromatique de la mosaïque. Selon le niveau d’influence choisi, elle peut également être superposée par transparence à la mosaïque, avec une opacité de 0, 25 ou 50 %. Chaque image est destinée à disparaître.
Les mots-clés ne génèrent pas l’image. Ils filtrent les données locales et permettent d’interroger les collections ouvertes. Les images collectées sont préparées en fragments, puis chaque fragment est analysé, comparé et placé selon sa proximité chromatique avec une cellule de l’image-source. La mosaïque se construit progressivement, cellule après cellule.
Certaines zones peuvent rester vides parce qu’aucun fragment ne répond aux conditions du protocole, ou parce qu’un degré d’inachèvement a été choisi volontairement. Ces vides rendent visibles les limites et les décisions du système de recomposition. Le manque est une donnée du protocole, pas un défaut de fabrication.
Une image n’est jamais produite une fois pour toutes. Elle traverse successivement les états de construction, de présence, de stabilité, d’érosion, de disparition et de trace. La disparition n’est pas une opération extérieure : l’ordre exact de construction est enregistré, puis l’érosion le suit en sens inverse. La dernière cellule posée est la première effacée. Chaque génération entre dans une archive éphémère. Elle conserve d’abord les conditions de son apparition, reste stable pendant 30 jours, puis perd progressivement ses cellules pendant 90 jours sous l’effet du temps. Lorsque le stockage du projet approche de sa limite de 5 Go, sa pression accélère cette érosion. À 0 % de présence, l’image, l’image-source soumise et les fichiers détaillés sont effacés du serveur. Seule subsiste une trace minimale de la disparition. L’archive conserve moins des objets qu’elle ne rend perceptible leur passage.
Deux types de vide coexistent. Les vides initiaux sont transparents : ils appartiennent à la construction de l’image et n’ont jamais contenu de fragment. Les cellules effacées sont opaques, blanches ou noires selon le fond enregistré de la génération : elles signalent qu’un fragment a existé puis a disparu. Un vide initial ne peut jamais devenir une cellule effacée. L’image demeure ainsi lisible comme une stratigraphie où l’on distingue ce qui n’a jamais eu lieu de ce qui a eu lieu et n’est plus.
À mesure que l’érosion progresse, la mosaïque se remplit de cellules monochromes. L’image, d’abord composée de provenances hétérogènes, tend vers un champ uniforme de noir ou de blanc avant de disparaître complètement. Le protocole ne détruit pas seulement : il convertit une hétérogénéité en monochrome et fait du monochrome l’état terminal de toute image.
Le visiteur peut télécharger l’état actuel d’une image. Cette copie locale n’interrompt pas le protocole de disparition sur le serveur : l’image continue de disparaître pendant que la copie subsiste ailleurs. Le téléchargement met immédiatement fin au droit temporaire de supprimer la génération. La conservation devient une décision individuelle, extérieure au dispositif, et non une propriété de l’archive.
La réactivation de Des Frags ne consiste donc pas à restaurer une forme ancienne. Elle déplace le projet vers un environnement contemporain fait de corpus, d’API, de collections ouvertes, de calculs de similarité et de limites visibles. Le fragment n’est plus seulement un morceau d’image : il devient l’unité d’un processus de construction, d’érosion et de disparition.
Des Frags Process is a reactivation of Des Frags, a project first released online in 2000.
The work takes a source image and submits it to a protocol of recomposition. This image defines the format, the grid and the chromatic reference of the mosaic. Depending on the selected influence, it can also be overlaid transparently on the mosaic at 0, 25 or 50% opacity. Every image is destined to disappear.
Keywords do not generate the image. They filter local data and enable searches in open collections. Collected images are prepared as fragments, then each fragment is analyzed, compared and placed according to its chromatic proximity to a cell of the source image. The mosaic is progressively constructed, cell after cell.
Some areas may remain empty because no fragment answers the conditions of the protocol, or because a degree of incompletion has been deliberately chosen. These voids reveal the limits and decisions of the recomposition system. Absence is a datum of the protocol, not a fabrication defect.
An image is never produced once and for all. It successively passes through construction, presence, stability, erosion, disappearance and trace. The disappearance is not an external operation: the exact order of construction is recorded, and erosion follows it in reverse. The last cell placed is the first erased. Each generation enters an ephemeral archive. It first preserves the conditions of its appearance, remains stable for 30 days, then gradually loses its cells over 90 days. When the project storage approaches its 5 GB threshold, storage pressure accelerates this erosion. At 0% presence, the image, the submitted source image and the detailed files are erased from the server. Only a minimal record of the disappearance remains. The archive preserves objects less than it makes their passage perceptible.
Two kinds of void coexist. Initial voids are transparent: they belong to the construction of the image and have never contained a fragment. Erased cells are opaque, white or black according to the recorded background of the generation: they indicate that a fragment existed and then disappeared. An initial void can never become an erased cell. The image remains readable as a stratigraphy distinguishing what never took place from what took place and is no longer there.
As erosion progresses, the mosaic fills with monochrome cells. The image, initially composed of fragments of varied provenance, tends toward a uniform black or white field before disappearing completely. The protocol does not merely destroy: it converts heterogeneity into monochrome and makes monochrome the terminal state of every image.
The visitor can download the current state of an image. This local copy does not interrupt the server-side erasure protocol: the image continues to disappear while the copy persists elsewhere. Downloading immediately ends the temporary right to delete the generation. Preservation becomes an individual decision outside the system, not a property of the archive.
Reactivating Des Frags therefore does not consist in restoring an earlier form. It moves the project into a contemporary environment made of corpora, APIs, open collections, similarity calculations and visible limits. The fragment is no longer only a piece of an image: it becomes the unit of a process of construction, erosion and disappearance.
DES FRAGS PROCESS / PROTOCOLE DE L’ARCHIVE ÉPHÉMÈRE
VOCABULAIRE
Image : forme visible et évolutive.
Génération : processus complet, identité archivée et trace persistante.
Sortie : fichier technique produit ou téléchargé.
CYCLE OFFICIEL
Construction → Présence → Stabilité → Érosion → Disparition → Trace.
Une image n’est jamais produite une fois pour toutes. Elle traverse successivement ces états.
ÉTATS DES CELLULES
1. Cellule occupée : contient un fragment à la construction de l’image.
2. Vide initial : transparent, n’a jamais contenu de fragment, état permanent.
3. Cellule effacée : ancienne cellule occupée remplacée par du blanc ou du noir selon le fond enregistré.
RÈGLES INVARIANTES
Un vide initial ne peut jamais devenir une cellule effacée.
Total des cellules = cellules visibles + vides initiaux + cellules effacées.
Présence = cellules visibles / cellules occupées à la construction.
Le taux de vides initiaux est affiché séparément de la présence.
ORDRE DE CONSTRUCTION ET D’ÉROSION
Toute nouvelle génération enregistre l’ordre exact de placement des cellules occupées.
L’érosion suit obligatoirement cet ordre en sens inverse.
La dernière cellule posée est la première cellule effacée.
La disparition n’est donc pas un second processus : elle est la direction inverse du même protocole.
Les générations antérieures à reset.52, dont l’ordre exact n’a pas été enregistré, conservent leur ordre déterministe historique.
ARCHITECTURE
Le master privé reste inaccessible publiquement.
L’état conserve les cellules occupées à la construction, les vides initiaux et les cellules effacées.
Le PNG public représente l’état temporel courant de l’image.
Ce même PNG est utilisé dans l’archive, la vue, le téléchargement et le glisser-déposer.
Toute reconstruction interne part du master privé et de l’état enregistré.
Un PNG public téléchargé peut néanmoins être déposé volontairement comme matrice d’une nouvelle génération : il devient alors une nouvelle entrée du protocole, sans modifier la génération d’origine.
ÉROSION ET MONOCHROME
L’érosion agit uniquement sur les cellules occupées à la construction.
Elle convertit progressivement les fragments visibles en cellules monochromes.
Les cellules effacées sont noires ou blanches selon le fond enregistré de la génération.
Le monochrome est l’état terminal de l’image avant sa disparition complète.
TÉLÉCHARGEMENT
Le téléchargement produit une copie locale de l’état courant.
Cette copie n’interrompt pas le protocole d’effacement sur le serveur.
FIN DE VIE
À 0 % de présence : suppression de l’image publique, du master privé, de la matrice et des fichiers détaillés.
La génération n’est pas effacée : elle subsiste sous la forme d’une trace minimale.
Le compteur cumulé des disparitions est conservé et affiché dans l’archive.
