EXPOSITION SIMULATION, 6 – 17 MAI 2026
COMMISSARIAT : Corine Borgnet, Jeanne Susplugas, Nicolas Tourte et Mathieu Weiler
FONDATION LA RUCHE-SEYDOUX 2 passage Dantzig, 75015 Paris
VERNISSAGE : MERCREDI 6 MAI 2026 18H – 21H
LES ARTISTES
Anonina Maj, Pierre Bendine Boucar, Corine Borgnet, Loïc Bousquet, Christophe Bouder, Olivier Calvel, Philippe Calandre, Claude Cattelain, Bryan Crockett, Caroline Delieutraz, Reynald Drouhin, Simon Girard, Rohan Graëffly, Agnès Guillaume, Jihane Khelif, Hélène Langlois, Marie Lelouche, Yosra Mojtahedi, Paul Nizan, Tami Notsani, Muriel Patarroni, Valentina Peri, Manon Pretto, Raphaelle Ricol, Maja Rohwetter, Cédric Christie, Marie Maillard, Christian Globensky, Gene Closuit & Pascal Rousson, Jeanne Susplugas, Nicolas Tourte, Thomas Verny et Mathieu Weiler.
Dans De la rigueur de la science, Borges raconte l’histoire d’un empire où la cartographie devient si précise qu’une carte à l’échelle 1:1 est réalisée, recouvrant exactement le territoire qu’elle est censée représenter. Cette quête de perfection finit par rendre la carte inutile. Abandonnée, elle se délite lentement dans le désert, au point que les générations suivantes n’en comprennent plus le sens.
Cette fable illustre comment le double finit par se confondre avec le réel, jusqu’à le rendre illisible.
Aujourd’hui, l’abstraction du réel n’est plus celle de la carte, du miroir, du concept ou du double. La simulation ne renvoie plus à un territoire ou à un référent : elle devient la génération, par les modèles, d’un réel. Le territoire ne précède plus la carte : la carte, la simulation, engendre le territoire. Ce qui subsiste dans le désert ne sont plus les vestiges de l’empire, mais les nôtres : c’est le réel.
Sans se limiter à la définition stricte de la simulation proposée par Baudrillard dans Simulacre et simulation, cette exposition l’aborde dans un sens élargi. Les artistes réunis mobilisent la simulation comme un outil plastique et conceptuel, chacun explorant cette idée à sa manière. L’œuvre devient un modèle provisoire, une version intermédiaire du réel, qui teste des formes possibles du monde et des hypothèses visuelles ou narratives. En rejouant apparences, codes et récits, les œuvres révèlent les mécanismes de construction de ce que nous tenons pour vrai. Dans un monde saturé d’images et de récits concurrents, ces pratiques interrogent la fragilité des frontières entre information, fiction et manipulation, et proposent une réflexion critique sur nos modes contemporains de croyance.
Ainsi, la simulation devient pour les artistes un outil de création : elle questionne le réel, le modèle, en teste les formes et en révèle les mécanismes, offrant un espace où perception, récit et imagination se rencontrent.
Présentation de Fan-art
Vidéo sonore générative, 4 min (boucle), 2026
Fan-art (boucle vidéo de 4 minutes) articule une succession de rencontres fictives entre l’artiste et des icônes de l’histoire de l’art, au sein d’un simulacre algorithmique instable. En exploitant les dérives morphologiques de l’IA (hallucinations et collisions physiques), l’œuvre détourne la maladresse du « fan art » pour dresser un état des lieux critique de la technologie actuelle. Dans le cadre de l’exposition Simulation, la mise en exergue de ces erreurs réaffirme la centralité du choix humain (le parti pris d’ériger les défaillances de la machine en une intention plastique délibérée).